Une serre bioclimatique à Clermont-Ferrand pour apprendre, cultiver et expérimenter
Un grand merci au Budget Ecologique et Citoyen
Ce projet est né dans le cadre du Budget Écologique Citoyen du Département du Puy-de-Dôme, dont nous sommes lauréats pour cette troisième édition. Mais avant de devenir une structure bien réelle au cœur du jardin, la serre a d’abord été une idée, des plans, une maquette, des discussions… puis des chantiers participatifs.
Aujourd’hui, elle est là. Et elle n’attend plus qu’une chose : prendre vie.
Le Budget Écologique Citoyen : donner vie aux idées des habitant.es, choisies par les habitant.es.
Le Budget Écologique Citoyen, porté par le Département du Puy-de-Dôme, permet à des associations et collectifs citoyens de proposer des projets concrets autour de l’environnement, de la biodiversité, de l’eau, du patrimoine végétal ou encore de l’éducation à l’environnement.
Pour cette troisième édition, les projets retenus doivent notamment être réalisés sur un terrain communal ou public et intégrer une dimension participative, avec au moins un chantier participatif. Le dispositif peut soutenir les investissements nécessaires à leur réalisation, jusqu’à 14 000 € selon les projets.
Pour nous, le choix s’est porté sur un projet qui correspond pleinement à cette philosophie : construire un outil qui puisse servir à tout le monde et qui permette d’apprendre en faisant.
La serre sera ainsi intégrée à la vie de l’Archipel des Salins (1 place Gambetta) et vient compléter le jardin, les espace de compostage et les nombreuses animations que nous proposons déjà.
Une serre maraîchère pédagogique
Une serre permet évidemment de cultiver. Le premier objectif est, bien entendu, de faire pousser plus de légumes et de plantes variées pour le développement notre autonomie alimentaire lors nos repas partagés mais aussi de disposer de nouveaux plants pour le jardin et nos ateliers. Mais la production de plantes n’est pas la seule finalité.

La serre a été pensée comme un support pédagogique grandeur nature, capable de rendre visibles des phénomènes que l’on explique parfois difficilement avec de simples mots.
À l’intérieur, on pourra observer une graine germer, suivre le développement d’un plant, comprendre les besoins d’une plante, expérimenter différentes techniques de culture et de semis ou encore observer l’influence de la température et de l’humidité.
Elle pourra accueillir des enfants, des familles, des habitants, des jardiniers amateurs ou des groupes scolaires autour d’ateliers sur le jardinage, l’alimentation, le vivant, la biodiversité ou encore l’adaptation au changement climatique.
L’idée est simple : on apprend mieux quand on peut toucher, observer, expérimenter et mettre les mains dans la terre.
Une serre bioclimatique, c’est quoi exactement ?
Le mot « bioclimatique » peut sembler technique. Pourtant, le principe est assez simple : faire avec le climat plutôt que lutter contre lui.
Une serre classique cherche principalement à créer un environnement favorable aux plantes en les protégeant du froid et des intempéries.
Alors qu’une serre bioclimatique va plus loin : elle est pensée pour tirer parti des ressources naturelles disponibles, en particulier du soleil, et limiter autant que possible les besoins énergétiques.
Le soleil comme source de chaleur
Grâce à un mur totalement en verre, la serre laisse entrer le rayonnement solaire.
Le soleil chauffe l’air, mais également les matériaux et les surfaces présentes à l’intérieur. Ces éléments peuvent ensuite restituer progressivement cette chaleur. La serre crée ainsi naturellement un microclimat différent de celui de l’extérieur.
C’est ce principe qui permet notamment de commencer certaines cultures plus tôt, de prolonger la saison de production ou de protéger les plantes lorsque les conditions extérieures sont moins favorables.
Mais une serre bioclimatique ne consiste pas simplement à « emprisonner » de la chaleur.



Conserver la chaleur… et savoir la laisser sortir
En été, le problème s’inverse : une serre peut rapidement devenir beaucoup trop chaude. La conception doit donc également permettre de gérer les températures, notamment grâce à la ventilation naturelle.


Seulement un côté est en verre, les autres côtés sont fermés (hormis la porte et la fenêtre) et le toit en polycarbonate est légèrement opaque. Cela permet de ne pas surexposer la serre à la chaleur quand il fait trop chaud.
Lorsque l’air chaud monte, il peut être évacué par les ouvertures plus hautes (ici la fenêtre) tandis que de l’air plus frais entre par l’ouverture basse (la porte).
Cette circulation naturelle de l’air permet de limiter les surchauffes sans avoir recours à une climatisation mécanique.
C’est justement ce qui rend la serre intéressante d’un point de vue pédagogique : chaque élément de sa conception peut devenir un support pour comprendre les échanges de chaleur, la circulation de l’air, l’orientation, l’exposition au soleil ou encore les besoins des plantes.
Une petite serre, mais un grand terrain d’expérimentation
La serre construite à l’Archipel des Salins représente environ 11 m². Sa taille volontairement modeste n’empêche pas d’en faire un véritable laboratoire.
La structure associe notamment une ossature en bois, un toit en polycarbonate et des fondations (plots) réalisées à la chaux.
Chaque choix répond à une réflexion autour de la fonctionnalité, de la durabilité, du réemploi, du local et de l’intégration de la serre dans le jardin. Les matériaux sont locaux dans la mesure du possible (bois, verre) ou de réemploi (toit en plaques de polycarbonate).
La conception du projet a été accompagnée et dirigée par Félix Roudaut, designer-constructeur, qui a notamment présenté ses plans, l’architecture et les techniques envisagées lors d’une réunion d’information organisée à l’Archipel des Salins en août 2025.
L’objectif n’était pas simplement de construire une serre « qui fonctionne », mais de concevoir un espace qui puisse aussi raconter comment il fonctionne.



Une construction pensée pour être partagée
Des fondations à la structure : construire ensemble
Dès le départ, la construction de la serre devait elle aussi faire partie du projet pédagogique. Plutôt que de faire réaliser l’ensemble du chantier par des professionnels ou en interne, nous avons proposé plusieurs chantiers participatifs (2 chantiers de 3 jours pour être exact). Ce fonctionnement collectif correspond pleinement à l’esprit du Budget Écologique Citoyen : faire émerger des projets qui ne soient pas uniquement pensés pour les citoyens, mais aussi avec eux.
Les rendez-vous ont eu lieu les 10, 11 et 12 juillet, puis les 20, 21 et 22 juillet 2026, à l’Archipel des Salins. Pendant plusieurs journées, bénévoles et adhérent.es ont donc porté.e la casquette de constructeurs.rices.
Pendant ces temps d’encadrement, les bénévoles présents ont pu concevoir la future ossature de la serre en créant des mi-bois et en assemblant chaque pièces pour créer les portiques, poncer les vitres en verres, concevoir la porte ainsi que la fenêtre. Ils ont pu également construire les couvercles des récupérateurs d’eau et poser les robinets. Ils ont pu construire tout le mobilier intérieur (plan de travail, bacs de culture, étagères).
Petit à petit, ce qui n’était encore que des plans et une maquette est devenu concret.
Pas besoin d’être charpentier.e, menuisier.e ou bricoleur.se expérimenté.e : les chantiers avaient justement été pensés pour permettre à chacun.e de participer selon ses capacités, ses envies et le temps dont il.elle disposait. Même une heure ou deux de participation pouvaient être utiles.






Mais avant de voir apparaître la serre, il a fallu préparer son emplacement mais aussi avancer la serre entre les deux chantiers. Et c’est Félix Roudaut, designer/constructeur, qui s’en est chargé.
- Travail du terrain en amont pour accueillir les fondations ( 8 plots en chaux).
- Préparation des mi-bois pour les chantiers
- Mise en place du toit en polycarbonate
- Mise en place des verres
- Pose du grillage pour protéger la façade vitrée
- Et bien d’autres choses






Petit à petit, ce qui n’était encore que des plans et une maquette est devenu concret.
Et entre deux coups de scie… la convivialité !
Un chantier participatif, ce n’est pas uniquement une succession de tâches à réaliser. C’est aussi un moment de rencontre.
Les journées se sont déroulées de 9 h à 17 h, avec des pauses et des repas partagés. Nous avions prévu les repas pour les bénévoles.
On ne connaît pas forcément toutes les personnes présentes le matin et, quelques heures plus tard, on discute autour d’un repas.
C’est aussi cela que nous souhaitons faire vivre à travers ses projets : créer du lien autour de l’écologie plutôt que simplement parler d’écologie.


De la graine au compost, un écosystème pédagogique
La serre permettra de parler de beaucoup plus que de légumes. Elle pourra accueillir de nombreuses expérimentations.
On pourra y parler de semis, de germination, de croissance des plantes et de saisonnalité, mais aussi de sol vivant, de compost, de biodiversité et de gestion de l’eau.
Elle permettra également d’aborder des questions très actuelles : comment cultiver lorsque les températures augmentent ? Comment économiser l’eau ? Comment protéger les plantes sans utiliser de produits chimiques ? Comment produire une partie de son alimentation en ville ?
La serre devient ainsi un point de rencontre entre plusieurs thématiques que nous défendons : cultiver, composter, préserver la biodiversité et apprendre à mieux comprendre notre environnement.
La force du projet est aussi de ne pas considérer la serre comme un équipement isolé. Elle s’inscrit dans un écosystème plus large.
Les biodéchets collectés et compostés à l’Archipel des Salins produisent une matière organique réutilisée dans les plantations et les semis. Le compost peut ainsi retourner au sol et contribuer à nourrir les cultures.
Tout est lié …
La serre devient alors un formidable support pour expliquer les cycles naturels et montrer concrètement qu’un jardin peut fonctionner comme un vrai écosystème.